Depuis 2001, Dawit Isaak, journaliste érythréen, est détenu au secret dans son pays natal. Sa fille, Betlehem Isaak, se bat pour sa libération et appelle la communauté internationale à «se réveiller» face aux violations des droits humains en Érythrée. Dawit Isaak, aujourd'hui âgé de 60 ans, n'a jamais été inculpé et a passé presque tout son temps en détention depuis son arrestation en septembre 2001. Son seul crime, selon sa fille, est d'être journaliste.
Un symbole de la brutalité en Érythrée
Dawit Isaak est devenu un symbole de la brutalité en Érythrée, un pays dirigé d'une main de fer par Isaias Afwerki depuis plus de trois décennies. Il a été victime d'une purge de critiques du président Afwerki, qui a également touché des ministres, des parlementaires et d'autres journalistes.
Une purge politique
En 2001, Dawit Isaak a cofondé «Setit», le premier journal indépendant du pays, qui a couvert un groupe de critiques du président réclamant des élections. Cette initiative a conduit à son arrestation et à celle de deux douzaines d'autres personnes, y compris des collègues journalistes.
Un prisonnier d'opinion
Amnesty International considère Dawit Isaak comme un prisonnier d'opinion. Reporters sans frontières affirme qu'il figure, avec ses collègues détenus, parmi les journalistes emprisonnés depuis le plus longtemps au monde.
Une famille déchirée
La famille de Dawit Isaak a été autorisée à lui rendre visite plusieurs fois. La dernière visite dont Betlehem Isaak se souvient était à l'hôpital, où elle a vu son père torturé et incapable de marcher correctement. «Il a dit à ma mère: "Tu dois partir. Prends les enfants et sortez d'ici". C'est alors que nous sommes partis», raconte-t-elle.
La famille vit depuis en Suède, sans aucun contact avec Dawit Isaak, à l'exception d'une brève libération en 2005 qui n'a duré qu'un jour. La sœur cadette de Betlehem, Danait, n'a aucun souvenir de son père avant sa première arrestation, mais elle se souvient de sa voix lors de l'appel qu'il a passé à la maison pendant sa brève libération. «Il a dit: "Je suis libre! Je rentre à la maison"», raconte-t-elle.
L'incertitude permanente
La famille n'a eu aucune nouvelle de Dawit Isaak depuis cette brève libération. «Ils disent qu'il est vivant, mais nous n'avons aucune preuve», déclare Betlehem Isaak. L'incertitude est la chose la plus difficile pour la famille. «Nous vivons dans l'incertitude. Nous ne savons pas quoi croire», ajoute-t-elle.
L'appel à la communauté internationale
Betlehem Isaak, qui vit réfugiée en Suède, a exhorté la communauté internationale à se réveiller sur les violations des droits humains en Érythrée. Lors d'un entretien avec l'AFP à Genève, en marge du Sommet annuel pour les droits de l'homme et la démocratie, elle a déclaré: «Nous avons besoin que la communauté internationale se réveille». Pour elle, il est grand temps que le monde prenne conscience de la situation en Érythrée et agisse pour la libération de son père et des autres prisonniers d'opinion.
L'histoire de Dawit Isaak est un rappel poignant des défis auxquels sont confrontés les journalistes dans des régimes autoritaires. Son cas illustre la nécessité d'une vigilance constante et d'une action internationale pour défendre la liberté de la presse et les droits humains.