La Formule 1 a dévoilé mercredi son calendrier provisoire pour la saison 2027, confirmant son intention de maintenir ses étapes lucratives au Moyen-Orient malgré le contexte géopolitique instable. Alors que la guerre en Iran continue de susciter des inquiétudes sécuritaires, l'organisation du championnat mise sur la poursuite de ses partenariats avec les pays du Golfe, qui représentent une manne financière considérable pour la discipline.
Cette décision intervient dans un contexte particulier, puisque la saison 2026 a déjà été marquée par des annulations de courses pour des raisons de sécurité. Néanmoins, la Formule 1 semble déterminée à préserver ses relations commerciales avec cette région stratégique, quitte à envisager des solutions de repli si la situation sécuritaire devait se dégrader.
Le Moyen-Orient maintenu au calendrier malgré les tensions
Quatre étapes confirmées dans le Golfe
Le calendrier 2027 prévoit pas moins de quatre Grands Prix au Moyen-Orient, confirmant l'importance stratégique de cette région pour la Formule 1. La saison devrait débuter le 14 mars avec le Grand Prix de Bahreïn sur le circuit de Sakhir, après des essais hivernaux prévus du 24 au 27 février sur ce même tracé désertique.
Une semaine après Bahreïn, l'Arabie saoudite accueillera la deuxième manche du championnat, une annonce qui a été faite après un long délai de réflexion de l'organisation. Cette prudence témoigne des interrogations légitimes concernant la sécurité des équipes et des pilotes dans cette région actuellement touchée par les conflits.
En fin de saison, deux autres courses moyen-orientales sont programmées : le Grand Prix du Qatar le 5 décembre, suivi une semaine plus tard par la traditionnelle finale à Abou Dhabi le 12 décembre. Ces deux épreuves devraient clôturer un championnat comptant au total 24 courses, soit l'un des calendriers les plus chargés de l'histoire de la F1.
Les précédents d'annulation en 2026
La décision de maintenir ces courses intervient alors que la saison 2026 a connu des perturbations majeures. En avril dernier, les courses de Bahreïn et d'Arabie saoudite avaient été annulées pour des raisons sécuritaires directement liées à la guerre en Iran. Cette situation avait contraint l'organisation à revoir son calendrier en cours de saison.
La course de Bahreïn sera exceptionnellement rattrapée le 4 octobre en Malaisie, une solution de repli qui illustre la capacité d'adaptation de la Formule 1 face aux imprévus géopolitiques. Cette expérience récente explique probablement pourquoi l'organisation reste prudente concernant la confirmation définitive de certaines épreuves.
À ce stade, il n'existe aucune certitude absolue que les Grands Prix du Qatar et d'Abou Dhabi puissent effectivement clore le championnat 2026. Une finale alternative à Imola, en Italie, est d'ores et déjà évoquée comme solution de secours en cas d'annulation de dernière minute des épreuves du Golfe.
Un enjeu financier considérable
Si la Formule 1 s'accroche à ses étapes moyen-orientales malgré les risques, c'est que ces courses représentent un attrait financier majeur pour la discipline. Les organisateurs de ces Grands Prix versent chaque année des redevances qui se chiffrent en dizaines de millions d'euros, des sommes bien supérieures à celles payées par les circuits européens traditionnels.
Ces revenus sont devenus essentiels au modèle économique de la Formule 1 moderne. Les pays du Golfe, désireux de renforcer leur image internationale et de diversifier leur économie au-delà des hydrocarbures, sont prêts à investir massivement dans l'accueil de ces événements sportifs prestigieux. Cette dépendance financière explique la volonté de Liberty Media, propriétaire de la F1, de maintenir coûte que coûte ces partenariats lucratifs.
Les nouveautés du calendrier 2027
Au-delà des questions moyen-orientales, le calendrier 2027 apporte son lot de changements et de retours attendus. Le circuit de Portimão, au Portugal, fera son grand retour le 20 juin. Ce tracé vallonné et technique, apprécié des pilotes, avait déjà accueilli la F1 lors de courses mémorables.
Autre retour marquant, le Grand Prix de Turquie à Istanbul est programmé pour le 3 octobre. Le circuit turc, avec son virage 8 légendaire, avait disparu du calendrier pour des raisons principalement économiques. Son retour témoigne d'un accord trouvé entre les organisateurs locaux et la direction de la F1.
En revanche, certains circuits font les frais de ce calendrier surchargé. Le circuit néerlandais de Zandvoort ne figure plus au programme, les organisateurs n'ayant pas souhaité ou pu prolonger leur contrat pour des raisons financières. Cette disparition met fin à une aventure entamée en 2021 avec le retour triomphal du GP des Pays-Bas.
Barcelone est également absente du calendrier 2027, dans le cadre de l'alternance annuelle établie avec le circuit belge de Spa-Francorchamps. L'épreuve belge, programmée le 25 juillet, conserve ainsi sa place cette année-là, au grand soulagement des puristes attachés à ce tracé mythique des Ardennes.
Dix courses sprint au programme
La saison 2027 marquera également une extension du format sprint, avec dix courses sprint planifiées sur l'ensemble du championnat. Ce format raccourci, qui propose une course courte le samedi en plus du Grand Prix dominical, continue de diviser les passionnés mais séduit les diffuseurs et les organisateurs.
Une nouveauté majeure concernera la Principauté de Monaco, qui accueillera pour la première fois une course sprint début juin. Cette décision représente une petite révolution pour le Grand Prix le plus prestigieux du calendrier, traditionnellement attaché à son format classique avec ses qualifications du samedi et sa course du dimanche.
L'introduction de ce format à Monaco témoigne de la volonté de la Formule 1 de moderniser même ses épreuves les plus emblématiques, quitte à bousculer certaines traditions. Reste à savoir comment ce sprint se déroulera sur un circuit aussi étroit et sinueux, où les dépassements sont déjà extrêmement rares lors de la course principale.
Avec 24 courses réparties sur trois continents et un calendrier s'étalant de mars à décembre, la saison 2027 s'annonce comme l'une des plus longues et des plus exigeantes de l'histoire moderne de la Formule 1, tant pour les équipes que pour les pilotes.