Edwige Diaz aurait conduit 85 heures pendant la campagne éclair

Edwige Diaz aurait conduit 85 heures pendant la campagne éclair

Une enquête du média français "Les Jours" met en lumière les frais de déplacement impressionnants d'Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national et députée de Gironde. Selon les documents analysés, l'élue aurait accumulé plus de 85 heures de conduite pendant la campagne éclair des élections législatives de 2024, soulevant des interrogations sur l'intensité de ses journées de campagne.



Cette révélation s'inscrit dans un contexte plus large d'examens des comptes de campagne de plusieurs candidats RN en Nouvelle-Aquitaine, dont les frais kilométriques avaient déjà attiré l'attention de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.



Des journées de campagne aux horaires extraordinaires



L'analyse des justificatifs de frais d'Edwige Diaz révèle un emploi du temps particulièrement chargé durant la courte période de campagne des législatives. Plus de 85 heures passées au volant représentent une moyenne quotidienne considérable sur quelques semaines de campagne seulement.



Le média "Les Jours" a reconstitué minutieusement les trajets à partir des justificatifs fournis pour la campagne et de relevés d'itinéraires réalisés notamment avec l'outil Mappy. Cette reconstitution fait apparaître des journées qui, en additionnant les déplacements déclarés et les activités de campagne proprement dites, dépasseraient les 18 heures dans certains cas.



Un remboursement de près de 6000 euros



Au total, ces déplacements auraient donné lieu à un remboursement d'environ 6000 euros, soit approximativement 5680 francs suisses. Ce montant s'inscrit dans un compte de campagne global qui fait apparaître 46'066 euros de dépenses totales et un remboursement forfaitaire de l'État de 34'594 euros pour l'ensemble de la campagne d'Edwige Diaz.



Il est important de noter que la publication officielle de la CNCCFP ne détaille pas spécifiquement ces frais kilométriques de 6000 euros dans le tableau récapitulatif mis à disposition du public.



Un compte de campagne validé après réformation



Contrairement à ce que pourraient laisser penser ces chiffres impressionnants, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques n'a pas considéré ces déplacements comme frauduleux. Les documents officiels attestent que le compte de campagne d'Edwige Diaz a été "approuvé après réformation" par la Commission.



Cette validation distingue la situation de la députée de Gironde de celle d'autres candidats RN de la même région, dont les frais de déplacement ont fait l'objet de réductions de la part de la CNCCFP.



Des cas similaires scrutés en Nouvelle-Aquitaine



Dans une enquête précédente, "Les Jours" avait examiné les comptes de trois autres candidats RN de Nouvelle-Aquitaine : Hager Jacquemin, Pascal Markowsky et Aymeric Mongelous. Ces trois candidats avaient déclaré collectivement plus de 61'500 kilomètres en environ trois semaines de campagne.



Les frais de déplacement déclarés s'élevaient respectivement à :




  • 15'190 euros pour Hager Jacquemin

  • 11'971 euros pour Pascal Markowsky

  • 6841 euros pour Aymeric Mongelous



Dans ces trois cas, la CNCCFP avait procédé à des réductions significatives des sommes retenues. La Commission avait notamment relevé des problèmes de justificatifs, des circuits jugés "standardisés et répétitifs" ou des surévaluations. Les montants écartés atteignaient 4500 euros pour Hager Jacquemin, 3500 euros pour Pascal Markowsky et 1300 euros pour Aymeric Mongelous.



Des questions sans réponses définitives



Le HuffPost avait déjà rapporté cette série de frais kilométriques particulièrement élevés en 2025, mentionnant qu'Edwige Diaz avait obtenu environ 6000 euros de remboursements liés à ses déplacements. Avec les nouveaux justificatifs analysés par "Les Jours", c'est désormais surtout le temps passé sur la route et l'intensité des journées déclarées par la députée qui soulèvent des questions.



À ce stade, les éléments publiés ne permettent cependant pas d'affirmer que les déplacements déclarés par Edwige Diaz n'ont pas réellement eu lieu. L'enquête met en lumière des pratiques de campagne intensive, mais la validation du compte par la CNCCFP suggère que les justificatifs fournis ont été jugés suffisants par l'autorité de contrôle compétente.



Cette affaire illustre néanmoins les interrogations récurrentes sur les frais de campagne des candidats politiques et la nécessité d'une transparence accrue dans le financement de la vie démocratique française.

info Source : 20 Minutes | Monde

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