Les Championnats du monde de cyclisme paralysent Montréal

Les Championnats du monde de cyclisme paralysent Montréal
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Les Championnats du monde de cyclisme transforment actuellement Montréal en un vaste circuit sportif, provoquant des perturbations majeures dans la circulation urbaine. Pendant neuf jours, la métropole québécoise accueille un millier de cyclistes venus de 100 pays différents, bouleversant ainsi le quotidien des habitants et automobilistes.



Cette manifestation planétaire, qui réunit hommes, femmes, espoirs et juniors, impose des fermetures de routes massives dans une ville encore largement dépendante de l'automobile. Si les amateurs de cyclisme se réjouissent de cet événement prestigieux, nombreux sont les Montréalais qui expriment leur frustration face aux contraintes de déplacement.



Des bouleversements majeurs dans la circulation montréalaise



Une ville coupée en plusieurs secteurs



Samedi matin, les routes de la métropole ont été littéralement envahies par les compétiteurs internationaux, créant des embouteillages considérables. "Mais asti, où est-ce qu'on peut traverser cette satanée route?" s'exclament certains piétons pressés, découvrant avec stupeur l'ampleur des fermetures routières.



La police montréalaise a été déployée en force près de tous les carrefours fermés pour gérer la circulation et assurer la sécurité de l'événement. Les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Ville-Marie sont particulièrement touchés par ces restrictions, transformant le cœur de la ville en un véritable parcours cycliste.



Des solutions alternatives proposées aux citoyens



Face à ces perturbations, les autorités ont mis en place plusieurs mesures pour faciliter les déplacements des Montréalais. Selon les explications fournies dans les colonnes du journal La Presse, "les déplacements en ville seront plus faciles en transports en commun qu'en voiture".



L'Autorité régionale de transport métropolitain a créé un titre de transport spécial vendu 55 dollars canadiens (environ 32 francs suisses), permettant à la population de se déplacer de façon illimitée tout au long de la compétition. Cette initiative vise à encourager l'usage des transports publics pendant cette période exceptionnelle.



Cinq passages continus ont été aménagés pour les automobilistes : un rue Sherbrooke et quatre dans le Vieux-Montréal. Une multitude de passages pour piétons ont également été installés pour permettre aux résidents de traverser le circuit en toute sécurité.



L'avenue du Parc au cœur de l'événement



La gigantesque avenue du Parc, fermée depuis plus d'une semaine, accueille la ligne de départ et d'arrivée au pied du Stade Percival-Molson, domicile des Alouettes de Montréal, l'équipe locale de football canadien. Cette artère majeure est complètement bloquée, symbole de l'ampleur de l'organisation mise en place.



Sur le célèbre Plateau-Mont-Royal, la circulation locale n'est autorisée qu'aux résidents, travailleurs, clients des commerces locaux et véhicules des services d'urgence. Ces restrictions drastiques transforment radicalement la physionomie du quartier pendant toute la durée des championnats.



Entre frustration et enthousiasme populaire



Les réactions des Montréalais sont partagées. D'un côté, nombreux sont ceux qui râlent contre ces perturbations, notamment les piétons non informés de la manifestation qui se retrouvent bloqués dans leurs déplacements quotidiens. Comme en Suisse lors du Tour de Romandie, du Tour de France, du Tour de Suisse ou lors de triathlon et marathons, les complaintes sont inévitables.



De l'autre côté, une belle proportion de gens se réjouit de voir leurs routes envahies par les meilleurs cyclistes de la planète. Le long de l'avenue des Pains, un père tentait d'expliquer à son fils que l'athlète qui venait de passer devant eux semblait débarquer de "Belgia". Le jeune garçon, quelques étoiles dans les yeux, n'a pas forcément réalisé qu'il s'agissait du triple tenant du titre du contre-la-montre Remco Evenepoel qui venait de fuser à quelques centimètres de lui.



Un entraînement annuel pour la métropole



Les Montréalais peuvent "heureusement" s'entraîner une fois par année à ce type de perturbations, lorsque le Grand Prix de la ville, comptant pour le World Tour, s'installe dans la métropole. Mais cette fois-ci, l'ampleur est différente : on parle de neuf journées complètes, incluant le mercredi de "congé" entre les épreuves individuelles et collectives, qui servira aux équipes à reconnaître le parcours.



Heureusement pour les automobilistes, tout peut rouvrir après les courses, en soirée. Mais cela reste un sacré gymkhana quotidien pour les habitants qui doivent adapter leurs trajets et leurs horaires en fonction des compétitions.



Des situations cocasses au quotidien



Certaines scènes témoignent du caractère exceptionnel de l'événement. Près de la ligne d'arrivée, ceux qui avaient loué un vélo en libre-service le regrettaient amèrement. Pour traverser le circuit du contre-la-montre, il fallait monter une trentaine de marches, donnant à la situation un petit air de cyclocross improvisé.



Finalement, les seuls véritablement tranquilles pendant cette petite dizaine de jours sont les nombreux écureuils de la ville, qui apprécient encore davantage l'automne qui commence dans des rues temporairement libérées du trafic automobile habituel.



Ces Championnats du monde de cyclisme à Montréal illustrent parfaitement le défi que représente l'organisation d'un événement sportif international dans une grande métropole, entre nécessité de préserver la mobilité urbaine et ambition de célébrer le sport cycliste au plus haut niveau.


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info Source : 20 Minutes | Sports

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