Depuis la Turquie, où la Nati prépare ses prochaines échéances, Pierluigi Tami a pris la parole pour aborder les sujets qui agitent actuellement le football suisse. Le directeur des équipes nationales s'est exprimé sans détour sur l'affaire du faux certificat Covid de Granit Xhaka, tout en dessinant les contours d'une ambition assumée pour l'avenir de la sélection helvétique.
Entre gestion de crise, choix tactiques et perspectives à long terme, la conférence de presse organisée à Belek a permis de clarifier plusieurs dossiers sensibles qui préoccupent les supporters suisses. Du cas Xhaka aux absences remarquées, en passant par les ambitions mondialistes, Tami a livré sa vision pour la Nati.
L'affaire Xhaka : une page à tourner selon Tami
L'ombre de Granit Xhaka a inévitablement dominé les discussions lors de cette rencontre avec la presse. Le capitaine de la Nati a récemment admis s'être procuré un faux certificat Covid, déclenchant l'ouverture d'une enquête par le Ministère public lucernois. Malgré la gravité des faits reprochés, la présomption d'innocence s'applique naturellement.
Pour Pierluigi Tami, le message est sans équivoque : il est temps de passer à autre chose. "Parce qu'il est capitaine, il n'est pas parfait", a déclaré le dirigeant, insistant sur le fait que Xhaka a pris ses responsabilités. Le directeur des équipes nationales a tenu à rappeler un élément important : la vaccination n'avait jamais été imposée par l'Association Suisse de Football, mais simplement recommandée.
Tami considère que cette affaire relève essentiellement de la sphère privée et assure que la Nati n'y est pas impliquée en tant qu'institution. Pour la fédération, le dossier est donc, à ce stade, considéré comme clos sur le plan sportif, permettant à l'équipe de se concentrer pleinement sur ses objectifs footballistiques.
Des opportunités pour les jeunes talents
L'absence du patron du milieu de terrain ouvre naturellement des perspectives pour d'autres joueurs. Tami refuse toutefois de qualifier qui que ce soit de "gagnant" dans cette situation délicate. Des noms comme Ardon Jashari ou encore Vincent Sierro sont évoqués comme des profils susceptibles de profiter de l'espace laissé vacant au cœur du jeu.
L'objectif principal reste cependant de tester la capacité du collectif à exister et performer sans son leader habituel. "Nous avons besoin de fortes individualités, mais aussi d'une équipe forte", a résumé Tami, soulignant l'importance de l'équilibre entre talents individuels et cohésion collective.
Le cas de Johan Manzambi suscite également l'intérêt. Le jeune joueur vient de marquer son premier but sous les couleurs d'Aston Villa en Premier League, démontrant son potentiel au plus haut niveau. Pourrait-il endosser le rôle de leader technique ? La réponse se dessinera lors des prochaines rencontres de Ligue des Nations.
Le dossier Noah Okafor et les choix tactiques
Autre sujet sensible abordé par Tami : l'absence de Noah Okafor. L'attaquant de Leeds United ne figure pas dans le groupe actuel après avoir récemment annoncé qu'il claquait la porte de la Nati, une décision qui a fait grand bruit dans le monde du football suisse.
Le directeur des équipes nationales renvoie aux explications du sélectionneur Murat Yakin pour comprendre cette situation. "Parfois, la plus grande qualité ne correspond pas au système de l'équipe", a-t-il expliqué, suggérant que les choix tactiques priment sur les individualités. Selon Tami, l'entraîneur n'entretient aucun problème personnel avec le joueur, mais n'a simplement pas été convaincu par ses récentes performances.
Les choix de carrière internationale : Romano et Boteli
Tami a également évoqué le cas d'Alessandro Romano, qui a fait le choix de représenter l'Italie plutôt que la Suisse. Une décision qualifiée de "choix de cœur" par le joueur lui-même, que la fédération helvétique doit accepter et respecter.
Le directeur de la Nati a toutefois rappelé une règle fondamentale qui guide la politique de sélection : aucun joueur ne reçoit une sélection en cadeau. "Nous voulons des joueurs convaincus à 100% de jouer pour la Suisse", a-t-il insisté, soulignant l'importance de l'engagement total envers les couleurs nationales.
En revanche, le cas de Winsley Boteli, qui a récemment affiché publiquement son attachement à la Nati, a réjoui Tami. Mais là encore, le message reste identique : se déclarer pour la Suisse ne suffit pas, il faudra mériter sa place sur le terrain et convaincre le staff technique par ses performances.
Une ambition mondiale assumée pour 2030
Au-delà des polémiques et des cas individuels, Pierluigi Tami a profité de cette conférence de presse pour réaffirmer les grandes ambitions de la sélection suisse. Retrouver la Ligue A de la Nations League constitue, selon lui, un objectif indispensable pour permettre à l'équipe de se mesurer régulièrement aux meilleures nations européennes.
Mais le directeur des équipes nationales ne s'est pas arrêté là et a osé formuler une ambition qui peut sembler audacieuse : "Notre ambition est d'atteindre la finale de la Coupe du monde et de la gagner. C'est possible", a-t-il déclaré sans détour.
Cette déclaration fixe un cap clair pour la Nati, avec un rendez-vous particulièrement ciblé : la Coupe du monde 2030, qui se déroulera au Maroc, au Portugal et en Espagne. Un tournoi qui pourrait marquer un tournant historique dans l'histoire du football suisse si cette ambition venait à se concrétiser.
Les prochaines rencontres de Ligue des Nations permettront d'évaluer le chemin parcouru vers ces objectifs ambitieux et de mesurer la capacité de la Suisse à se hisser parmi l'élite mondiale du football.