Marlen Reusser à 4 secondes du podium aux Mondiaux de Montréal

Marlen Reusser à 4 secondes du podium aux Mondiaux de Montréal
```html

La déception était palpable dans les mots de Marlen Reusser après sa quatrième place aux Championnats du Monde de Montréal. À seulement quatre secondes du podium et huit secondes du titre mondial, la cycliste bernoise de 35 ans a vécu une journée amère sur les routes québécoises, consciente que les occasions de briller sur ce type de parcours se raréfient.



Si la course a offert un spectacle haletant pour les téléspectateurs européens installés confortablement devant leur écran, l'expérience fut tout autre pour la Suissesse qui a dû courir après le peloton pendant la majeure partie de l'épreuve. Une frustration d'autant plus grande qu'elle identifie clairement le moment où tout s'est joué contre elle.



Une erreur tactique aux conséquences lourdes



L'autocritique de Marlen Reusser est sans appel. La coureuse de l'équipe Movistar assume pleinement sa responsabilité dans ce résultat décevant : "Je pense que j'ai vraiment raté le moment décisif de cette course et c'est de ma faute", a-t-elle confié quelques minutes après l'arrivée.



Son analyse de la course révèle un scénario tactique complexe où elle s'est retrouvée piégée. Absente du premier mouvement décisif, elle a dû ensuite composer avec un groupe de poursuivantes peu enclines à collaborer efficacement. "Ma faute principale, c'est de ne pas avoir été dans le premier coup. Parce qu'après, c'est très compliqué pour quelqu'un comme moi", a-t-elle expliqué avec lucidité.



Un groupe de chasse désorganisé



La situation derrière Demi Vollering, échappée en tête, s'est révélée particulièrement frustrante pour la Bernoise. Alors que ses concurrentes semblaient se contenter de jouer les places d'honneur, Reusser nourrissait des ambitions bien plus élevées : "Elles ont plutôt couru pour la deuxième place... Moi, je ne voulais pas courir pour l'argent. Je voulais gagner ou rentrer à la maison."



Cette mentalité offensive lui a coûté cher dans le final. En prenant l'essentiel du relais dans le groupe de chasse, faute d'aide de ses rivales, elle a épuisé ses cartouches avant l'emballage final. "Si moi je n'avais pas mis le rythme dans le groupe derrière Demi Vollering, personne ne l'aurait fait. Et après, c'est perdu", a-t-elle regretté.



Un sprint final où tout était encore possible



Malgré les efforts consentis tout au long de la course, Marlen Reusser a gardé espoir jusqu'au bout. "Je savais jusque dans la dernière ligne droite que tout allait être encore possible", a-t-elle confié. Mais dans l'emballage final, ces précieuses secondes dépensées à tirer le groupe lui ont fait défaut : "Il m'a manqué un tout petit peu."



Ce "tout petit peu", ce sont précisément ces quatre secondes qui la séparent du podium et ces huit secondes qui auraient pu lui offrir le maillot arc-en-ciel tant convoité. Une marge infime qui rend la pilule encore plus difficile à avaler pour la docteure en médecine.



Des Mondiaux globalement réussis malgré tout



Replacée dans le contexte plus large de ces Championnats du Monde, la performance de Marlen Reusser reste remarquable. La Suissesse repart du Canada avec un titre mondial en contre-la-montre remporté dimanche dernier, confirmant sa domination dans l'exercice solitaire.



Elle a également décroché le bronze lors du relais mixte mardi, une épreuve où elle s'est montrée exceptionnelle. L'équipe suisse aurait d'ailleurs pu viser l'or sans le problème technique survenu sur le vélo de Stefan Küng, ajoutant une dose supplémentaire de frustration à ces Mondiaux.



Interrogée sur le bilan global de sa quinzaine canadienne, Marlen Reusser a répondu avec une honnêteté touchante : "Jusqu'à aujourd'hui, oui. Mais là c'est un peu dur." Cette quatrième place, ce "chocolat" comme on dit dans le jargon cycliste, vient assombrir des championnats du monde pourtant couronnés de succès.



L'urgence du temps qui passe



À 35 ans, Marlen Reusser sait que les opportunités de briller sur ce type de parcours vallonné se raréfient. Le profil des prochains Mondiaux ne devrait pas lui convenir aussi parfaitement que celui de Montréal, rendant cette occasion manquée encore plus regrettable.



Cette conscience du temps qui passe explique en partie l'ampleur de sa déception. Chaque chance de décrocher un maillot arc-en-ciel en course en ligne devient précieuse à cet âge, et laisser filer une telle opportunité pour quelques secondes et une erreur tactique reste difficile à digérer pour une compétitrice de son calibre.



La Bernoise aura néanmoins marqué ces Mondiaux de Montréal de son empreinte, confirmant son statut de reine du contre-la-montre tout en démontrant qu'elle possède également les qualités pour jouer les premiers rôles en course en ligne sur les parcours qui lui conviennent. Une consolation qui, dans l'immédiat, peine à atténuer la frustration d'un podium manqué de si peu.


```

info Source : 20 Minutes | Sports

open_in_new Lire l'article original
Partager :
-