L'Indonésie lance la FIFA ASEAN Cup avec un Suisse aux commandes

L'Indonésie lance la FIFA ASEAN Cup avec un Suisse aux commandes
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L'Indonésie s'apprête à accueillir un événement footballistique majeur qui pourrait redéfinir le paysage sportif de l'Asie du Sud-Est. La FIFA ASEAN Cup, une toute nouvelle compétition internationale, verra le jour entre le 24 septembre et le 5 octobre prochains, offrant à près de 2 milliards d'habitants de la région l'opportunité de vibrer pour leurs équipes nationales. Au cœur de cette aventure, un Suisse romand joue un rôle déterminant : César Meylan, directeur de la performance de la sélection indonésienne.



Cette initiative de la FIFA, menée en partenariat avec l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est), représente bien plus qu'un simple tournoi régional. Elle symbolise l'ambition de donner une visibilité accrue au football asiatique et de créer des opportunités de compétition de haut niveau pour des nations souvent reléguées au second plan sur la scène internationale.



Une compétition inédite qui change la donne



La FIFA ASEAN Cup se distingue fondamentalement de l'ASEAN Championship existant. Son atout majeur réside dans sa programmation durant une fenêtre internationale officielle de la FIFA. Cette particularité administrative change radicalement la donne : les clubs du monde entier ont désormais l'obligation de libérer leurs joueurs internationaux pour cette compétition. Un avantage considérable pour les sélections nationales qui peuvent enfin compter sur l'intégralité de leurs effectifs.



La première édition de cette compétition sera organisée selon un format à deux niveaux : une division principale se déroulera en Indonésie, tandis qu'une division "Challenge" prendra place à Hong Kong. Cette structure permet d'inclure un maximum de nations et de créer un véritable écosystème compétitif régional.



L'Indonésie, géant démographique aux ambitions footballistiques



Avec plus de 280 millions d'habitants, l'Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé au monde. Cette masse démographique représente un potentiel footballistique considérable, longtemps resté inexploité. Depuis trois ans, la fédération indonésienne a adopté une stratégie plus agressive pour développer sa sélection nationale.



Comme l'explique César Meylan, le Vaudois de 46 ans à la tête de la performance des "Merah Putih" (les Rouges et Blancs) : "On connaît la zone asiatique : ce n'est pas la plus compétitive, comme on l'a vu lors du dernier Mondial, mais cela donne aussi une perspective. Ces trois dernières années, l'Indonésie a mené une politique plus agressive."



Une stratégie de recrutement ciblée



Contrairement à certains voisins comme le Vietnam qui mise sur la naturalisation de joueurs brésiliens, l'Indonésie a choisi une approche différente. Le pays exploite son histoire coloniale et sa diaspora mondiale pour renforcer sa sélection. Ancienne colonie des Pays-Bas connue sous le nom d'Indes orientales néerlandaises, l'Indonésie compte environ 9 millions de ressortissants dispersés à travers la planète.



"L'idée est d'amener de jeunes joueurs talentueux ayant des origines indonésiennes, aux Pays-Bas ou en Australie par exemple", précise Meylan. Cette stratégie porte déjà ses fruits avec des profils prometteurs comme Mitchell Baker, un avant-centre de 19 ans évoluant à Georgetown University (USA). Mesurant 1,92 m, ce jeune talent a déjà inscrit quatre buts en quatre sélections cet été.



D'autres joueurs issus de championnats reconnus complètent l'effectif, évoluant en A-League australienne, en Angleterre ou aux Pays-Bas, créant ainsi un mélange intéressant entre talents locaux et joueurs formés à l'étranger.



Le défi de l'acclimatation climatique



L'un des obstacles majeurs pour les joueurs de la diaspora reste l'adaptation au climat tropical indonésien. Les conditions de chaleur et d'humidité extrêmes représentent un véritable challenge physiologique. Pour y remédier, le staff technique a développé un protocole d'acclimatation rigoureux.



"Quand ils arrivent, c'est clair que ça joue un rôle", reconnaît le directeur de la performance. "Nous leur envoyons un protocole d'acclimatation à la chaleur avant leur venue. Saunas et jacuzzis, entre 25 et 30 minutes, trois fois par semaine ! Cela aide à augmenter le volume de plasma sanguin, l'une des principales adaptations à la chaleur."



Sur le terrain, une stratégie complète de lutte contre la surchauffe a été mise en place :




  • Vestes glacées pour refroidir rapidement le corps

  • Serviettes d'eau froide disponibles en permanence

  • Boissons énergétiques avec glace pilée

  • Protocoles d'hydratation et de réhydratation renforcés



Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les joueurs peuvent perdre jusqu'à 3 kilos par match en raison de la déshydratation intense provoquée par les conditions climatiques.



Des infrastructures en développement



Si l'Indonésie dispose de moyens financiers et d'une volonté politique forte, les infrastructures restent un défi. "La fédération a des ambitions et met des moyens, assure Meylan. Nous ne manquons pas de ressources pour faire notre travail. Après, au niveau des infrastructures, des terrains, ce n'est pas la Suisse, le Portugal ou l'Angleterre, où il y en a partout."



À Jakarta, la capitale tentaculaire, les espaces verts sont rares et les terrains de qualité internationale peu nombreux. Le pays doit composer avec le "Bermuda grass", une herbe particulièrement résistante à la chaleur et à la sécheresse, mais aussi avec une saison des pluies qui complique l'entretien des pelouses.



Malgré ces contraintes, la ligue domestique se développe progressivement, créant un écosystème favorable à l'émergence de talents locaux. "Il y a une vraie volonté de faire de belles choses", souligne le Vaudois, témoignant de la détermination des autorités indonésiennes.



L'objectif : décrocher le titre à domicile



Pour cette première édition de la FIFA ASEAN Cup, l'Indonésie ne cache pas ses ambitions. L'objectif est clair : remporter le titre devant son public. Le parcours débutera par un premier tour contre Singapour, la Malaisie et le Bangladesh.



Les "Merah Putih" pourront compter sur le soutien d'un public passionné. Le Gelora Bung Karno Stadium de Jakarta, avec sa capacité de 77 000 places, devrait offrir une atmosphère électrique et constituer un véritable douzième homme pour la sélection nationale. Dans un pays où le football est une véritable religion, la pression sera immense mais la motivation décuplée.



Cette FIFA ASEAN Cup représente donc bien plus qu'une simple compétition régionale. Elle incarne l'espoir de millions de passionnés, la concrétisation d'années d'investissements et de stratégies, et pourrait marquer un tournant dans l'histoire du football indonésien. Avec César Meylan dans les coulisses et une génération de joueurs talentueux sur le terrain, l'Indonésie dispose de tous les atouts pour briller lors de ce rendez-vous historique.


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info Source : 20 Minutes | Sports

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