Dans un contexte royal déjà fragilisé par les tensions familiales, une nouvelle controverse éclate autour du roi Charles III. Son ancien beau-frère, Charles Spencer, frère de la défunte princesse Diana, publie un livre explosif qui ravive d'anciennes rumeurs et formule des accusations particulièrement graves contre le monarque britannique.
L'ouvrage intitulé "Swan Song: Diana, My Sister" ("Diana, ma sœur: le chant du cygne"), dont la sortie est prévue mardi, contient plusieurs révélations troublantes sur la vie privée du roi et sur les circonstances entourant la mort de Diana. Ces allégations interviennent moins d'un mois après le retour médiatique du prince Harry, ajoutant une pression supplémentaire sur la famille royale.
Une liaison homosexuelle présumée avec son valet
Parmi les révélations les plus sensationnelles du livre, Charles Spencer affirme que sa sœur Diana lui aurait confié une information troublante au moment d'annoncer son intention de divorcer. Selon lui, la princesse aurait déclaré : "Mon mari est amoureux de son valet."
Bien que l'extrait diffusé par le Daily Mail ne nomme pas explicitement la personne concernée, les observateurs royaux font immédiatement le lien avec Michael Fawcett, proche collaborateur du roi Charles III. Cette rumeur n'est pas nouvelle et circule dans les cercles royaux depuis plusieurs décennies.
L'affaire George Smith de 1996
Ces allégations ont émergé pour la première fois en 1996, lorsque George Smith, ancien valet du prince de Galles, a affirmé avoir été témoin d'une scène compromettante impliquant un membre de la famille royale et un haut serviteur. Cette déclaration a provoqué un séisme dans les couloirs du palais.
En 2003, l'affaire a pris une tournure judiciaire lorsque Michael Fawcett a obtenu une injonction interdisant à un journal britannique de publier l'allégation selon laquelle il était l'homme concerné par les accusations de George Smith. Cette démarche juridique a paradoxalement contribué à alimenter les spéculations.
Les démentis officiels de Clarence House
Face à ces rumeurs persistantes, Clarence House a multiplié les démentis, qualifiant ces accusations d'"entièrement dénuées de fondement". Le secrétaire privé du prince à l'époque, Sir Michael Peat, est monté au créneau pour défendre son employeur.
Sir Michael Peat a notamment mis en cause la crédibilité de George Smith, expliquant qu'il "souffre malheureusement d'un trouble de stress post-traumatique et a auparavant souffert d'alcoolisme". Cette stratégie visant à discréditer le témoin a été critiquée par certains observateurs.
Quelques jours plus tard, dans une démarche exceptionnelle, Sir Michael Peat a directement posé la question à son porte-parole : le prince Charles était-il homosexuel ou bisexuel ? La réponse officielle fut sans équivoque : "absolument pas le cas". George Smith est décédé en 2005, emportant avec lui sa version des faits.
Des accusations sur la réaction de Charles à la mort de Diana
Au-delà des rumeurs sur sa vie privée, le livre de Charles Spencer contient une autre allégation particulièrement choquante concernant la réaction du roi lors de l'annonce du décès de Lady Diana en 1997.
Selon le frère de la princesse, Charles aurait semblé "euphorique" au téléphone dans les heures suivant l'accident mortel à Paris. Plus troublant encore, il aurait déclaré que la princesse serait oubliée "bien assez tôt". Ces propos, s'ils sont avérés, révéleraient une insensibilité profonde au moment d'un drame national.
Un démenti rare du palais de Buckingham
La gravité de ces accusations a poussé le palais de Buckingham à publier un démenti, démarche relativement rare pour l'institution qui privilégie généralement la politique du silence face aux controverses.
Dans un communiqué soigneusement formulé, un porte-parole a indiqué que Charles III est "conscient que la douleur d'un deuil fraternel peut obscurcir la raison, affecter le jugement et altérer les souvenirs d'une manière que les autres ne perçoivent pas, même de nombreuses années après une telle perte". Cette formulation suggère que les souvenirs de Charles Spencer pourraient être déformés par le chagrin.
Charles Spencer persiste lors d'une interview à la BBC
Loin de se laisser intimider par le démenti royal, Charles Spencer a réaffirmé ses accusations lors d'une interview diffusée vendredi par la BBC. Face à la journaliste Laura Kuenssberg, il a maintenu sa version des faits avec une détermination remarquable.
"Je peux vous dire, ici et maintenant, que c'est exactement les mots qu'il a dits", a-t-il déclaré avec assurance. Il a ajouté : "Je vous en fais la promesse, honnêtement, c'est ce qu'il a dit", insistant sur la véracité de son témoignage.
Le frère de Diana a également souligné un détail révélateur dans la stratégie de communication du palais : dans son communiqué, le roi Charles III "ne dit pas qu'il n'a pas prononcé ces mots". Cette observation met en lumière l'ambiguïté du démenti royal, qui attaque la fiabilité des souvenirs plutôt que de nier formellement les propos rapportés.
Cette nouvelle controverse survient à un moment particulièrement délicat pour la monarchie britannique, déjà affaiblie par les tensions familiales et les révélations successives. L'impact de ces accusations sur l'image du roi Charles III et sur la cohésion de la famille royale reste à évaluer dans les semaines à venir.